Contenus pédagogiques

Le cursus des études musicales se structure en 3 cycles.
Un cycle est une période pluriannuelle qui permet la réalisation d’un certain nombre d’objectifs de formation que l’on a préalablement définis et qui concourent à l’acquisition de compétences. Chaque stade peut être une fin en soi.
Le 1er cycle peut être précédé d’une phase d’éveil selon l’âge et les dispositions. Le cycle d’enseignement professionnel initial (CEPI) peut être abordé dès la fin du 2ème cycle ou au cours du 3ème cycle.

1er cycle : Accès à une première expérience musicale

Peut être précédé selon l’âge et l’instrument d’une phase d’observation.
L’horaire hebdomadaire s’établit dans une fourchette comprise entre 2h et 4h et sur une durée moyenne de quatre ans (plus ou moins un an) pour tenir compte de la maturité et des rythmes différents d’acquisition.
Les contenus de ce cursus mettent en œuvre les bases de la pratique individuelle et collective, accompagnées des repères d’écoute, du vocabulaire et des connaissances adaptés à l’âge des élèves. C’est une première expérience cohérente d’une pratique musicale personnelle.
Dans l’idéal, la pratique instrumentale ou vocale est dès le début collective et s’adjoint peu à peu la pratique individuelle en fonction des acquisitions nécessaires à la réalisation musicale et à la progression de l’élève.
Il est important de mettre en place :

  • un bon équilibre entre l’oral et l’écrit, entre l’improvisation, l’imitation, la mémorisation et la lecture,
  • une approche de la lecture et de l’écriture valorisée et rénovée,
  • une démarche forte vis-à-vis de la création et des répertoires contemporains adaptés et de toutes esthétiques,
  • l’écoute d’œuvres en concert ou dans un contexte de spectacle vivant.

2ème cycle : Accès à une autonomie musicale

A partir du 2e cycle, la proposition d’un cursus complet peut coexister avec celle d’un parcours plus souple en modules et sur contrat concerté avec l’équipe pédagogique (hors cursus). En effet, ouvrir la possibilité de choix dans l’offre de formation est souvent facteur de motivation à un âge où les sollicitations sont nombreuses. Mais un encadrement est également nécessaire pour aider à formuler les désirs et les mettre en forme dans une proposition cohérente. Ce parcours n’est pas diplômant sauf si la capitalisation d’un certain nombre de modules répond au cahier des charges de la fin du 2e cycle.

La mise en place d’un brevet de fin de 2e cycle marque une étape importante du cursus. Celle ci correspond à l’acquisition d’une formation de base qui permet à l’élève de tenir sa place dans une pratique musicale de manière relativement autonome et vise à :

  • s’approprier un langage musical avec les repères culturels qui y sont attachés,
  • avoir acquis les bases de sa pratique permettant de se mesurer à un certain niveau de performance.

La confrontation de l’élève, tout au long du cycle, à des situations musicales diversifiées, liées à son projet et à sa pratique musicale et instrumentale est privilégiée.
Concernant les pratiques d’ensembles, l’élève doit pouvoir valider un cursus, sur la durée du cycle, qui lui aura permis de se confronter à au moins deux situations différentes parmi celles qu’il sera susceptible de rencontrer dans le cadre de sa pratique (musique de chambre, groupe, orchestre, chœur …).

3ème cycle : Accès à une pratique autonome

A l’issue du 2e cycle, trois possibilités peuvent être offertes : un 3e cycle de formation à la pratique en amateur, une « formation continuée ou complémentaire » et un cycle d’enseignement professionnel initial.

Le 3e cycle de formation à la pratique en amateur constitue un des deux aboutissements des cursus diplômant proposés par les conservatoires, conclu par un Certificat d’Etudes Musicales (CEM) prévu par l’article L. 216-2 du code de l’éducation.
Il poursuit trois objectifs principaux :

  • apprendre à conduire de manière autonome un projet artistique personnel riche, voire ambitieux ;
  • s’intégrer dans le champ de la pratique musicale en amateur et à y prendre des responsabilités le cas échéant ;
  • aller au-devant de nouvelles pratiques (autre esthétique, démarche d’invention, …).

Il permet de répondre à des demandes et à des besoins tels que :

  • accroître et approfondir ses compétences dans le prolongement des deux précédents cycles et former des amateurs de haut niveau,
  • s’engager dans une voie complémentaire au précédent parcours en se spécialisant dans un domaine particulier tel que la direction, l’écriture, la composition, une esthétique spécifique,…
  • enrichir une approche personnelle de pratique qui s’est effectuée en dehors de cursus institutionnels.

Le cursus, composé d’un ensemble cohérent de modules suivant un cahier des charges défini en concertation entre l’établissement et l’élève, prend la forme d’un « parcours personnalisé de formation ».

Une « formation continue ou complémentaire », à positionner, selon les acquis, après le 2e ou le 3e cycle, peut faire l’objet d’une évaluation spécifique. Cette orientation s’adresse aux personnes qui ne souhaitent pas suivre un cycle complet, à celles qui n’ont pas tous les acquis nécessaires pour le suivre ou qui souhaitent se perfectionner dans un domaine particulier. Elle recouvre des objectifs d’approfondissement nécessitant un plan sur une ou deux années. Des passerelles sont possibles entre le 3e cycle de formation à la pratique en amateur, la formation continuée ou complémentaire et le CEPI, après avis de l’équipe pédagogique.

Enfin, le Cycle d’Enseignement Professionnel Initial (CEPI) et le Diplôme National d’Orientation Professionnelle (DNOP) qui le conclut, font l’objet d’un traitement spécifique sous forme d’un décret et d’un arrêté du 23 février 2007.

L’admission dans ce cycle est décidée par un jury après étude du dossier personnel du candidat et réussite à un examen d’entrée.
Il permet d’acquérir les connaissances et compétences d’un niveau suffisant pour prétendre à une poursuite d’études au niveau de l’enseignement supérieur menant à un métier relevant du domaine artistique.

Le cycle d’enseignement professionnel initial de musique a une durée de deux à quatre ans. Le cursus représente un volume total de sept cent cinquante heures et est décomposé comme suit :
a) Un module principal dans la discipline dominante ;
b) Un module associé ;
c) Un module complémentaire ;
d) Une unité d’enseignement choisie dans une liste d’options.

Dans la durée du cycle, les élèves élaborent un projet personnel lié au cursus suivi, évalué dans le cadre de l’évaluation continue. Un document individuel intitulé « parcours de formation » est élaboré par l’équipe pédagogique en concertation avec l’élève. Il comprend le contenu et le calendrier des enseignements suivis.